lundi 17 août 2009

Sont-y beaux ?

Les enfants des enfants de Cécile

(le plus grand fait 6 pieds huit pouces)


Cecilia

Je suis foutrement heureux d’être de retour, simplement … cheu nous, après cette journée tellement chargée de plus de mille émotions.

Arriver le matin au Grand Salon, « limousine » chauffée par ma fille Claude. Et, réaliser que Mom est tellement belle dans sa boîte ultime. Belle pour vrai. Respirante.

Et les arrivants. Les visiteurs. Deviner leur pourquoi, remonter quatre décennies, reconnaître les vrais amis sans dénigrer les absents, être assommé par les blagues « pas rapport » du cousin faussement cool, être étourdi de bonheur par l’autre cousin brassant les mots avec un tel brio, apercevoir soudainement un blogueur ami (si, si !) venu vous serrez la main sans plus, vous faire dire que votre femme est très belle (quand la personne visée est votre … fille), quand les boys, les vrais, s’effacent et deviennent deuxièmes en laissant leurs tendres moitiés exprimer les vérités (supposément vraies), kess tu veux qu’un gars … faise ? Et toutes ces autres personnes fines … venues simplement offrir un clin d’œil plein d’amitié. Subjugué … j’étais. Mes sœurs aussi.

Ma belle Cécile était … belle. Et ce vidéo VHS filmé ya 5 ans sur le bord des falaises de Madeleine, où elle récite ce poème (genre 100 strophes) sans hésitation malgré son Alzheimer : après les 10 minutes du prêtre officiant, c’était hallucinant. Je vous mettrai ça en ligne un de ces quatre. Et vous serez ga ga.

J’ai … touché Mom. Froide. Mais elle était tellement belle dans son sommeil éternel. Z ‘avez déjà touché un proche dans son cercueil ? Frette …

Mettons qu’elle est là, pour de vrai, juste en haut à nous observer …

Elle est sûrement gênée de nous entendre. Entendre ma sœur Lou, essayer de dire les choses vraies, après le ti-prêtre obligatoire … Mais les choses vraies sont tellement … vraies. Et ma tite-sœur tellement fragile mais CAPABLE de livrer ces combinaisons de mots qui font … des phrases, même en tenant dans sa main tremblante le kliss de mot qui complète la salsa.

Me suis rempli les poumons et la tête de mille et une choses avec mes flôs en observation : débordement, ils ont, comme, souhaité une toune , et le hasard a ressorti mister Lou Reed et Take a walk on the wild side. Je me sentais tellement, tellement, so, so so indispensable.

OK, je vais aller me coucher. Have a nice dream ….

samedi 15 août 2009

Une vraie belle image

Mon pote Ricdam vient de se taper une rapide tournée de la Gaspédie avec sa Mimi. Il vous envoie ce clin d'oeil du rocher. Cadrage exceptionnel.

Dans les années 50


Le blogueur et sa soeur des Iles sur les genoux de papa et maman avec la Lou en gestation.

Réconfortantes ces images sépia d'une autre époque ...

Les vautours

Aujourd'hui, on parle de ma belle Cécile dans la Presse et dans le Journal de Montréal. Vous aurez certes deviné dans quelle rubrique.
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Je voulais simplement dénoncer le gang des Desmarais et celui des Péladeau qui siphonnent les familles vivant ces moments difficiles en leur exigeant chacun plus de $300 pour la parution unique d'une photo et du court texte l'accompagnant. Comme une version moderne des marchands du temple ...
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Pour le reste, les choses se déroulent rondement et dimanche, nous accompagnerons Cécile pour souligner dignement son départ.

jeudi 13 août 2009

Délivrance !


Ma belle Cécile est partie il y a une heure.

Bye Mom

I love you

mercredi 12 août 2009

Image de Gaspésie

Celle-là date de 15 jours environ. Mon pote Marc musardait dans les alentours de Métis-sur-Mer et il a capté cette image. Fiou !

lundi 10 août 2009

Pierre Lebeau : l'article

Une primeur du blogueur juste pour vous autres ...

Montréalais pure laine, Pierre Lebeau a commencé son existence dans le quartier Villeray dont il se rappelle cette immense cheminée rouge et blanche qui annonçait la carrière Miron. Une enfance « facile », partagée avec ses deux sœurs, son père dans la construction et sa mère dans les soins hospitaliers. Pour les études secondaires, il fait un petit exil au collège Longueuil sur la Rive Sud, auquel il ajoute une année au cégep Édouard-Montpetit.

Mais pourquoi une seule année au cégep, me demandez-vous? Tout simplement parce qu’à son premier essai, à l’âge de 16 ans, il est accepté exceptionnellement par l’École Nationale de Théâtre où il côtoiera de futurs collègues tels Michel Côté, Marie-Michèle Desrosiers, Guy Nadon et Jacques L’Heureux, entre autres.

Son premier véritable emploi à la sortie de l’auguste institution sera dans la pièce Le Temps d’une vie de Roland Lepage, une œuvre jouée à maintes reprises pour le conduire jusqu’à Avignon en France où le jeune homme de 22 ans n’en croyait presque pas… sa destinée.

Le « retour sur terre » québécoise pour les années 75-80 le laisse perplexe. Ces années marquées d’une hyper ferveur nationaliste enrubannent le théâtre québécois de ceintures fléchées et autres symboles d’affirmation. La coupe déborde aux yeux de Pierre Lebeau, ce qui l’amène dans le monde de … l’humour comme … scripteur.

En entrevue, Pierre Lebeau me confiait qu’à son époque « ti-cul », il aimait bien faire rire les copains à l’école. Pas avec des mauvais coups mais plutôt des blagues et répliques lancées dans la classe au bon moment pour déclencher la rigolade générale et, bien entendu, la retenue comme résultante. Ce côté garnement lui a permis de bien gagner sa vie comme scripteur, notamment avec la revue Croc (un succès phénoménal à l’époque), également aux Lundis des Ha Ha.

Honnêtement, m’avoue-t-il, il croyait bien s’y complaire jusqu’à cet appel de Danièle Panneton qui le met sur la piste d’un désistement noté pour la pièce Merz Opera, mise en scène par Denis Marleau. Il obtient le rôle et c’est le coup de foudre : trois mois en Europe et un retour définitif vers « le jeu ». Suivront alors au fil des années une cinquantaine de productions dont la mystique Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau, Matroni et moi de son pote Alexis Martin, Cyranno de Bergerac, Des souris et des hommes et la magnifique Odyssée où sa voix rauque et caverneuse envoûtait le public … et la critique.

Désormais remarqué pour ces grands rôles sur les planches, les créateurs et producteurs du petit et du grand écran l’aperçoivent désormais dans leur soupe et le grand public ne se fera point prier pour acclamer les personnages incarnés par Pierre Lebeau. Justement, ces personnages, comment les travaille-t-il ? Les trucs du métier ? Le talent pur ? L’instinct ? Un mélange des trois, me confiera l’acteur. Il se dit chanceux de recevoir les propositions longtemps d’avance et peut donc y réfléchir amplement. Il possède un très beau bureau mais ne s’en sert à peu près jamais. Ses réflexions, il les fera ailleurs, notamment au volant de son auto qui le rend très … productif. Alors si vous l’apercevez à une intersection, vociférant au volant de son véhicule, dites-vous bien qu’il essaie probablement de donner du tonus à un prochain personnage ou encore de livrer une réplique du Méo des Boys.

La critique ? Pierre Lebeau considère qu’à ce jour, il a plutôt été favorisé. Il faut respecter les gens qui écrivent mais pas nécessairement adopter leur point de vue. Je lui rappelle le mythique Les Dangereux (livré par le producteur des Boys) retiré des salles après deux semaines tellement la critique avait été sans pitié : il pense que ce tsunami de critiques éreintantes était trop gros et que l’objectivité avait carrément foutu le camp avec la vague.

À l’opposé, l’encensoir des nominations, notamment ce Jutra pour le Séraphin d’Un homme et son péché et ce bel hommage que lui rendra le Festival du Film de Montréal (FFM) en août 2009 pour l’ensemble de sa contribution au cinéma québécois. Ça fait quoi dans le plexus monsieur Lebeau ? On n’est jamais bon juge pour soi-même, plaide-t-il, mais quand ces choses arrivent, on ne peut qu’apprécier énormément. Que ça vienne du public ou des pairs, ça le touche profondément quoique …il espère que cet hommage du FFM ne symbolise pas une oraison funèbre artistique, avec son sourire en coin évidemment.

Depuis quinze années, peu de vacances pour cet artiste polyvalent. Petite journée de pêche prévue en juillet cette année et puis ça repart de plus belle. Daniel Lemire lui a confié la mise en scène (si ! si !) de sa pièce Le Clash ( en primeur, salle André-Mathieu, Laval du 15 juillet au 22 août). Il y joue également avec Geneviève Rioux, Sylvain Marcel et Dominique Pétin : une comédie grinçante où deux couples qui vont marier leur enfant se voient emprisonner dans un chalet pendant une tempête de verglas.

Cet été, ajoutons le tournage des épisodes de la série des Boys et l’émission radio « À la semaine prochaine » le samedi matin à Radio-Canada avec Philippe Lague, Pierre Verville et Michèle Deslauriers (il adore cette rencontre humoristique hebdomadaire).

À l’automne, sortie des films Un cargo pour l’Afrique de Roger Cantin et La cité des ombres de Kim NGuyen. Ajoutons un tournage au Québec dont il ne peut parler et la boucle 2009 est bouclée.

Pierre Lebeau ajoute quelques conférences dans les collèges et universités, en appui à ces deux causes qui lui tiennent vraiment à cœur : le réchauffement de la planète et le groupe Suicide-Action dont il admire les responsables et les bénévoles. Des gens avec des cœurs énormes qu’il faut appuyer.

Pour une finale plus locale, j’ai ramené la conversation dans … le Plateau. Et cette Clique du Plateau ? Elle n’existe tout simplement pas me dit-il. D’ailleurs, Pierre Lebeau m’ajoute : « C’est étrange mais, moi le Montréalais pure laine, dans mes connaissances du milieu artistique, j’ai l’impression qu’il y a plus de gens arrivés de l’extérieur que de natifs d’ici comme moi. C’est pas scientifique mais faudrait vérifier ».

Le quartier lui-même ? Un très beau coin de Montréal, effervescent au maximum avec ses multiples facettes culturelles. Il y déplore la spéculation immobilière disproportionnée (315,000$ le 4 ½ Wow !) qui en éloigne les familles et leurs enfants. Et puis, soudain, j’aperçois le visage colérique du Méo des Boys dans la figure de Pierre Lebeau : les bécyks ! « Le gars de 35 ans, l’air cool qui roule à 35 km/h … SUR LES TROTTOIRS. J’ai personnellement été blessé au pouce et au genou par l’un de ces énergumènes. Totalement illégal et surtout dangereux à l’extrême. C’est bien beau de pédaler pour diminuer le CO2, mais faites-le dans les règles. Et quand tu passes la remarque aux personnes concernées, elles te répondent par un finger. Belle mentalité ! ». Sur ce message d’un résidant du Plateau qui aime son coin de ville, nous abordons …

Les rafales …

Pour le cinéma, aucune hésitation : le Parrain 1, 2 et 3.

Pour la musique, trop difficile. Ses goûts varient du country au jazz, alors choisir …

Livres ? Il suggère Robertson Davies, ne serait-ce que pour briser le préjugé que le Canada anglais n’a pas de culture …

Ce qui le met sur les nerfs ? Il avoue qu’à sa naissance, il n’a pas été hérité du gène de la patience …

La relaxation ? La pêche mais davantage un souper avec sa mère.

Le sport ? Il aime bien patiner avec les Boys (pour le tournage) même s’il se dit très mauvais !

Un autre métier ? Il se verrait bien … journaliste.

dimanche 9 août 2009

Un vrai de vrai flop

Cette grande niaiserie pour rappeler la mort du jeune Villanueva fut totalement ratée et pas à peu près. À peine deux cent cent spectateurs pour le gros show de rap par un si beau samedi soir du mois d'août, ça s'appelle passer à côté de la track. Et les quelques dizaines qui ont participé aux ateliers de l'après-midi sur le profilage racial, ça démontre que les gens s'en contresaintciboirisent totalement. Aurait fallu me payer très cher pour aller écouter les Yo Man de Luck Mervil et ses ti-cousins. Et encore, je sais pas si je pourrais.

samedi 8 août 2009

Mon pétard

Elle était dans la vingtaine à l'époque, la belle Cécile. Aujourd'hui, elle file vers les 90 ans et nous fait encore palpiter le coeur en emballant le sien jusqu'à 175 pulsions/minute. Mais oui tu peux y aller Mom rejoindre ton Maurice et veiller sur nous malgré tout ...

vendredi 7 août 2009

On dirait vraiment ...

... qu'elle réfléchit à son bien-être dans les Iles

jeudi 6 août 2009

L'envers de la ...

Ça fait longtemps que je connais le comédien Francis Reddy. Les plus vieux souvenirs remontent à l’émission Chambres en ville où il jouait le personnage de Pete, un genre de jeune bum, mec de Lola (Anne Dorval), clope au bec, etc. Je ne suivais pas vraiment cette série, mais j’aimais bien taquiner mon fils ado qui carburait sur l’émission et qui sentait fort bien la moquerie dans mes commentaires sur SON émission.

L’ai vu aussi dans un film tourné aux Iles-de-la-Madeleine où il se tirait bien d’affaires en grand frère d’un enfant autistique (je crois). Mais bon, le type n’a pas révolutionné le genre si vous me permettez l’expression.

Depuis quelques années, il s’est transformé en animateur avec un certain succès. Périples en Italie et Espagne pour des émissions touristiques du Canal Évasion. Émission sur les vins et fromages à TVA où les experts invités lui en ont appris les secrets et autres subtilités. Tous pour Un sur les ondes de la SRC, mais aussi Des kiwis et des hommes, l’émission estivale matinale depuis les 4 ou 5 dernières années.

Une émission qui a très mal amorcé son existence dans les coulisses du milieu où la blague de circonstance était : « On a bien remarqué les kiwis MAIS où sont les hommes ? ». Francis Reddy animait la chose avec Vincent Gratton, l’artiste ayant la plus haute opinion de lui-même dans le bottin des artistes d’ici. Mettons que ça n’aide pas tellement pour paraître sympa.

Bon ! J’arrive à l’essentiel de mon propos. Francis Reddy me tombait royalement sur les nerfs. Et comme je suis un chiâleux naturel (c’est même clairement indiqué dans l’intro de ce blogue), je ne m’en privais surtout pas. Même qu’il y a deux ans, de passage au Marché Jean-Talon à vélo, je m’étais arrêté pendant son émission pour lui crier, avec dérision, « Francis, je t’aiiiiiime ! ».

Puis, un jour, j’ai appris une donnée sur le personnage : jamais ne fréquente-t-il les premières, jamais ne peut-on l’apercevoir dans les 5 @ 7 branchés du Plateau ou d’ailleurs. Une fois sa job terminée, Francis Reddy se sauve dans les Laurentides pour rejoindre sa douce et ses ados. Comme un refuge protecteur.

Toute ma perception du personnage public a changé. Ses niaiseries (elles sont nombreuses) m’apparaissent désormais sympathiques. Ses cabotinages fréquents me font sourire. Ses prises de position quotidiennes, en intro aux Kiwis, ne m’apparaissent plus GROSSES comme ça et faciles. Non.

Désormais, j’apprécie hautement Francis Reddy avec toutes ses gaucheries, ses erreurs, ses pitreries. Mais aussi sa sincérité, son amour des autres, son aisance « populaire », son écoute et son assurance de livrer la marchandise sans artifice. On est loin du grand professionnalisme d’un Stephan Bureau, mais avec la complicité du co-animateur Boukar Diouf, on y gagne en désinvolture, en chaleur humaine et en petits moments magiques, même nappés de sauce maladresse.

L’envers de la … quoi ? Je sais pas, mais c’est une première pour moi : passer de la moquerie à l’admiration.

mardi 4 août 2009

Toute une job ...

... sur l'île de Havre-aux-Maisons

Stéphane Laporte = pu kapab !

Le très songé philosophe de La Presse pète une crise sur Cyberpresse. Le savant Juge de la Star Académie est scandalisé par la mort de nos soldats en Afghanistan.

Et pour exprimer son désarroi, le candidat au Prix Nobel du journalisme (!) vient nous paraphraser la célèbre phrase de Claude Péloquin et nous crie, avec tout son cœur, et en lettres majuscules :

VOUS ÊTES PAS ÉCOEURÉS DE LES LAISSER MOURIR, BANDE DE CAVES ?

Mais ce type est génial, vous ne trouvez pas ? Il a le sens de la formule, non ? Tout est ICI.

J’ai écrit un court commentaire sur ce billet dans son blogue. Un mot qui allait à peu près comme ceci : « Facile de crier son désarroi sur Cyberpresse. Mais c’est plus difficile d’appuyer la cause en faisant du temps supplémentaire, du bénévolat ou en s’impliquant vraiment dans les organismes combatifs. Hein mon Stéphane ? ».

Évidemment, ça n’a pas été publié (ou mis en ligne), comme toutes les autres phrases contestant ce blogueur/journaliste à la profondeur abyssale …

Je m’étonne que La Presse poursuive sa collaboration avec ce pitre piteux.

Vous l’aimez peut-être le bô Stéphane ? Bien vous en fasse. Moi, je l’exècre.

dimanche 2 août 2009

Le massacre

Vendredi, dans l’antre de la rue Jarry, la discussion tournait autour des « indiens » qu’on peut rencontrer à l’occasion dans les villages éloignés de la Côte Nord, du Lac Saint-Jean ou de l’Abitibi. Des histoires diverses dans les bars ou les camps de chasse. M’est alors revenue cette anecdote qui s’est déroulée ici même à Montréal dans les environs de 1973.

Je suis étudiant à l’université de Montréal. Pour défrayer les coûts du logement, je cohabite avec mon ami Pierre et la belle Janie Pachanos, son amie de cœur, une superbe Crie qu’il vient tout juste de ramener de Fort-George à la Baie James.

Mettons qu’à 20 ans, quand t’es une fille Crie, que tu viens de Fort-George et que t’arrives à Montréal, ça peut être assez impressionnant. Comme un pas de géant à franchir. Janie Pachanos parlait cri et anglais et ne sortait que très rarement de la maison. L’univers, elle le connaissait surtout via la télé qu’elle dévorait avidement quand nous ne regardions pas les postes français.

C’était en après-midi je crois. Pierre était absent et j’arrive au salon où Janie, évidemment, regardait sa télé avec un bol de croustilles. À une chaîne anglaise, évidemment, c’était un film western en noir et blanc.

Assez rapidement, comme dans tout bon western de l’époque, des indiens arrivent dans le film et je vois que Janie est très très concentrée sur l’histoire, les yeux rivés raide sur l’écran, tout en grignotant ses croustilles. Vous voyez l’image, n’est-ce pas ?

Soudain, la fatalité : l’armée de blancs qui arrivent avec leurs fusils et qui massacrent littéralement tous les indiens du village, hommes femmes et enfants, comme dans tous les westerns de cette époque où, la rectitude politique, on ne savait pas ce que c’était.

Mais Janie dans le salon est totalement pétrifiée. « Oh No ! Oh my God ! They can’t do that ! ». Les yeux grand ouverts, la bouche en O, elle se cache même partiellement le visage pour ne pas tout voir de cette horreur. Exactement comme si la chose était un reportage plutôt qu’un film.

Et moi, le descendant de ces blancs monstrueux assassins, je suis assis là, à côté d’elle, la petite indienne fraîchement arrivée du Grand Nord, qui pleure à chaudes larmes devant cette injustice.

Lui dire : «Come on, Janie. It’s just a movie» ? Non. Me suis levé, lui ai doucement touché l’épaule et je suis allé faire autre chose ailleurs dans la maison.