mercredi 11 février 2009

Désinstitutionnalisation

Ce matin dans l’autobus 45, de retour du Plateau. Je suis assis le premier en avant, tout près de la porte. Devant moi, une belle dame âgée avec sa cane, assise dans le banc unique avec, debout, son fils accompagnateur, un type vers la fin de trentaine.

Le type en question, en voulant ouvrir un peu la fenêtre, ouvre également celle d’une autre dame assise plus vers l’arrière. Celle-ci somnole. Alors le type se déplace pour aller refermer la fenêtre de la dame assoupie, ce qui la fait sursauter en s’éveillant.

- Kess tu fais-là mon tabarnak d’effronté, qu’elle lui lance

Le gars s’excuse et tente de lui expliquer comment la chose s’est produite. La mécréante continue à hurler et le type, commençant à perdre patience, ouvre à nouveau la fenêtre de la chiâleuse pour lui montrer comment ça s’est produit. Rien à faire : elle hurle de plus belle et l’autobus entier commence à s’intéresser à la chicane.

Le type n’est plus poli et commence à parler assez sèchement à notre vieille mémé à l’humeur sec.

Une autre fille, fin de vingtaine, debout et surveillant son ti-gars assis derrière la mémé folle, s’adresse au type en lui disant :

- Surveille ton langage. On ne parle pas comme ça à une personne âgée !

La mémé se rebiffe :

- Comment ça une personne âgée ? T’es qui toué pour me traiter de personne âgée. Ch't’ai tu traité de danseuse topless moi, ma grande kriss de maigre ? Mange d’la marde !

La supposée danseuse réplique :

-Arrêtez de parler fort de même, mon petit gars a peur !

- M’en crisse de ton gars. Yé pareil comme toué.

Alors là, le blogueur n’en peu plus. Heille ! De l’atmosphère dans l’autobus ! J’y vais de ma petite portion :

- Yahou (hurlé pour couvrir les autres voix) ! De l’atmosphère dans le bus. Allez tout le monde, on les encourage ! Let’s go ! Enweille ! Enweille ! Donne-z-y d’la marde ! Let’s go !

La mémé crie au chauffeur et lui demande de faire sortir la pseudo-danseuse qui est trop impolie.

Et le véhicule arrive à l’intersection Bélanger. La vieille dame digne du début descend avec son fils, suivi du blogueur qui, avant de sortir, souhaite bonne chance au chauffeur qui … sourit.

Fin de l’épisode.

21 commentaires:

Doparano a dit…

Wow!!! y'a pas d'autobus dans mon bled, je ne risque donc pas d'assister à une scène aussi désolante.

Barbe blanche a dit…

Il est de plus en plus difficile d'être gentils avec les gens, surtout dans une VILLE comme Montréal.
Je comprend mieux maintenant l'air absent des MONTRÉALAIS.

Zoreilles a dit…

Ton récit (bien raconté, comme toujours) me confirme que je serais incapable de vivre en ville. J'aime y aller quelques jours mais y vivre? Faut être faitttt fort! Même les relations humaines toutes simples finissent par se dénaturer...

Zoreilles a dit…

Et j'oublais... J'adore ton titre. Plus sérieux qu'il n'y paraît.

crocomickey a dit…

@ Zoreilles

Content que t'aies remarqué la subtilité.

:-)

Drew a dit…

Cibole avec la voix que t'as... ça a du résonner longtemps dans le bus! ;-)

Anonyme a dit…

Croco/Michel,

j'avais écrit plus tôt un TRÈS long commentaire, qui s'est perdu dans les limbes de Blogger le Bugger Blagueur,puisque j'avais utilisé mon compte, et n'ai pas le courage de le recommencer.

Je seconde le commentaire de Zoreilles, et la désinstitutionnalisation c'est un phénomène très réel. La maladie mentale ça n'a rien de drôle, sauf pour ceux qui n'ont jamais eu de proches en ayant souffert. J'ai vécu, et continue à vivre des situations pénibles, avec une personne très chère et ça n'a rien d'amusant, sauf pour les autres.

Ben oui c'est drôle. Go, go, go !

crocomickey a dit…

@ Lise

J'aurais pu dramatiser cet événement du matin dans l'autobus et essayer de comprendre la madame qui n'a pas pris ses pilules. Mais je m'y refuse et préfère dé-dramatiser la chose et en rire. Tout le monde s'en trouve moins...heurté je crois.

Anonyme a dit…

C'est ton point de vue !

Anonyme a dit…

Mais, en ce qui me concerne, les gens qui rient des maladies mentales, ça me blesse personnellement, directement, et je ne trouve pas ça drôle. C'est tout!

Anonyme a dit…

Croco,

j'ai re-relu ton texte, et je me rends compte que tu n'avais voulu que dédramatiser la situation, en effet. Je les supprimerais mes commentaires précédents, si Blogger le Blagueur ne m'avait pas joué un tour, m'obligeant à utiliser l'option anonyme.

Les transports en commun sont tout, sauf des transports de joie. En tout cas, les autobus semblent t'inspirer. Hurler "Saskatchewan" avec Jean Leloup, et l'anecdote d'hier.

Désolée, il y a des choses que je prends vraiment trop à coeur...

Bonne journée Croco !

TaLou a dit…

Moi je pense que c'est toi qui souffre de maladie mentale de faire des affaires de même dans l'autobus!!!

:o)

Pour avoir vécue quelques épisodes avec mon désinstitutionnalisé préféré, je n'ai pu m'empêcher de sourire quand je t'ai lu... et d'avoir un immense sentiment de gratitude envers la vie de ne pas avoir été avec toi à ce moment là!

Mouhahahaha!

À chacun notre façon d'être un peu débile! Vaut mieux en rire que d'en pleurer.

crocomickey a dit…

Est-ce que ton grans désinsss se prénommerait Hector par hasard ?

mouhahahaha !

crocomickey a dit…

@ Lise

T'as compris mon attitude. En passant, Saskatchewan, c'est avec les Trois Accords.

:-)

TaLou a dit…

@ croco...

Non, il s'appelle... Croco...

Re-Mouhahaha!

Anonyme a dit…

Croco,

d'accord avec les trois, mais c'est tout même ce qui s'appelle hurler avec le(s)loup(s), n'est-ce-pas ?

Moi aussi j'ai une anecdote à raconter; l'année dernière, dans un autobus, au plus fort de la fièvre du hockey, entre le Canadien, et l'autre équipe ( que je ne me risquerai pas à nommer, car si je me trompe tu vas encore rire de moi ), durant les éliminatoires, il y avait plein de gens qui entraient dans l'autobus avec le fameux chandail honorant les glorieux (?).

Un passager est entré, arborant fièrement celui aux couleurs de L'Ennemi. À peine assis, les partisans du canadien ont commencé à faire des commentaires, auxquels il a répondu du tac au tac. Ça jasait fort, pour dire le moins, et le conducteur, craignant peut-être pour sa vie, a gardé le silence.

Mais celui qui m'inquiétait le plus était un jeune grand jeune homme maigre, au visage sévère, qui ne disait rien mais fixait le partisan de L'AUTRE équipe d'un oeil torve, comme s'il essayait de lui jeter un sort. Je m'attendais à tout moment à le voir lui sauter dessus, toutes griffes dehors.

Et quand l'homme est sorti, il ( le jeune homme ) s'est levé, et par la fenêtre à fait un geste obscène vers son bas-ventre, et lui a crié un F*** Y** qui a dû s'entendre de loin. Charmant ! Vive les sports et les glorieux !

Lise, mi-figue mi-raisin...

Drew a dit…

Pssst Lise... C'est Boston l'autre équipe ;-)

Anonyme a dit…

Merci Drew, t'es donc fin ! Ce sera un secret entre nous !

:-)

Zoreilles a dit…

@ Lise : Un secret? Pas tant que ça, y a toujours des Zoreilles aux aguets!

Anonyme a dit…

@ Zoreilles,

mais tes zoreilles à toi sont des zamies. J'ai beaucoup aimé ton commentaire disant que tu ne pourrais pas vivre à Montréal. Si tu savais à quel point je voudrais ne pas y être non plus.

Horreur de cette ville, de sa saleté, de l'indifférence ou l'impatience généralisée de ses habitants, parce que trop nombreux, de ses transports (?) en commun, de sa pollution ( y compris la visuelle, empêchant de voir les étoiles ), de ses dangeureux automobilistes qui se fichent éperdument des piétons, et j'en passe...

Si j'avais le choix, mais je ne l'ai pas...

Voilà!

modotcom (monique lo) a dit…

je vis à Montréal, j'aime ça, en général, mais faut vraiment être capable de prendre la vie avec un grain de sel... tiens, un de plus pour ce billet.